lunes, 29 de diciembre de 2025

canciones francesas

Hier encore
J'avais vingt ans, je caressais le temps
Et jouais de la vie
Comme on joue de l'amour
Et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours
Qui fuyaient dans le temps
J'ai fait tant de projets
Qui sont restés en l'air
J'ai fondé tant d'espoirs qui se sont envolés
Que je reste perdu, ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel
Mais le cœur mis en terre
Hier encore
J'avais vingt ans, je gaspillais le temps
En croyant l'arrêter
Et pour le retenir, même le devancer
Je n'ai fait que courir
Et me suis essoufflé
Ignorant le passé
Conjuguant au futur
Je précédais de moi toute conversation
Et donnais mon avis
Que je voulais le bon
Pour critiquer le monde
Avec désinvolture
Hier encore
J'avais vingt ans
Mais j'ai perdu mon temps
À faire des folies
Qui ne me laissent au fond
Rien de vraiment précis
Que quelques rides au front
Et la peur de l'ennui
Car mes amours sont mortes avant que d'exister
Mes amis sont partis
Et ne reviendront pas
Par ma faute, j'ai fait le vide autour de moi
Et j'ai gâché ma vie
Et mes jeunes années
Du meilleur et du pire
En rejetant le meilleur
J'ai figé mes sourires
Et j'ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent?
À présent

Mes vingt ans

Justo ayer
Tenía veinte años, acariciaba el tiempo
Y jugaba con la vida
Como se juega con el amor
Y vivía de noche
Sin contar mis días
Que se esfumaron en el tiempo
Hice tantos planes
Que quedaron en el aire
Fundé tantas esperanzas que se fueron
Que sigo perdida, sin saber a dónde ir
Mis ojos buscando el cielo
Pero mi corazón enterrado en la tierra
Justo ayer
Tenía veinte años, perdí el tiempo
Creyendo que podía detenerlo
Y contenerlo, incluso adelantarme
No hice más que correr
Y me quedé sin aliento
Ignorando el pasado
Conjugando en futuro
Precedí cada conversación
Y di mi opinión
Que quería tener razón
Criticar al mundo
Con indiferencia
Justo ayer
Tenía veinte años
Pero perdí el tiempo
Haciendo tonterías
Que al final me dejan
Sin nada realmente claro
Que unas pocas arrugas en mi frente
Y el miedo al aburrimiento
Porque mis amores murieron antes de existir
Mis amigos se han ido
Y nunca lo harán Regresar
Por mi propia culpa, creé un vacío a mi alrededor
Y arruiné mi vida
Y mi juventud
De lo mejor y lo peor
Al rechazar lo mejor
Congelé mis sonrisas
Y congelé mis lágrimas
¿Dónde están ahora?
Ahora
Mis veinte



Et si tu n'existais pas


Et si tu n'existais pas
Dis-moi pourquoi j'existerais ?
Pour traîner dans un monde sans toi
Sans espoir et sans regret
Et si tu n'existais pas
J'essayerai d'inventer l'amour
Comme un peintre qui voit sous ses doigts
Naître les couleurs du jour
Et qui n'en revient pas

Et si tu n'existais pas
Dis-moi pour qui j'existerais ?
Des passantes endormies dans mes bras
Que je n'aimerais jamais
Et si tu n'existais pas
Je ne serais qu'un point de plus
Dans ce monde qui vient et qui va
Je me sentirais perdu
J'aurais besoin de toi

Et si tu n'existais pas
Dis-moi comment j'existerais ?
Je pourrais faire semblant d'être moi
Mais je ne serais pas vrai
Et si tu n'existais pas
Je crois que je l'aurais trouvé
Le secret de la vie, le pourquoi
Simplement pour te créer
Et pour te regarder

Et si tu n'existais pas
Dis-moi pourquoi j'existerais ?
Pour traîner dans un monde sans toi
Sans espoir et sans regret
Et si tu n'existais pas
J'essayerai d'inventer l'amour
Comme un peintre qui voit sous ses doigts
Naître les couleurs du jour
Et qui n'en revient pas




Y si no existieras

Dime, ¿por qué existiría?

Para vagar en un mundo sin ti

Sin esperanza ni arrepentimiento

Y si no existieras

Intentaría inventar el amor

Como un pintor que ve nacer bajo sus dedos los colores del día

Y que se maravilla con ello


Y si no existieras

Dime, ¿para quién existiría?

Para los transeúntes dormidos en mis brazos

A quienes nunca amaría

Y si no existieras

Sería solo un punto más

En este mundo que va y viene

Me sentiría perdido

Te necesitaría


Y si no existieras

Dime, ¿cómo existiría?

Podría fingir ser yo mismo

Pero no sería real

Y si no existieras

Creo que lo habría encontrado

El secreto de la vida, el porqué

Simplemente para crearte

Y para mirarte


Y si no existieras

Dime, ¿por qué existiría? Vagar en un mundo sin ti

Sin esperanza y sin arrepentimiento

Y si no existieras

Intentaría inventar el amor

Como un pintor que ve nacer bajo sus dedos los colores del día

Y que se maravilla con ello



Non, je ne regrette rien


Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni le bien qu'on m'a fait
Ni le mal, tout ça m'est bien égal

Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
C'est payé, balayé, oublié
Je me fous du passé

Avec mes souvenirs
J'ai allumé le feu
Mes chagrins, mes plaisirs
Je n'ai plus besoin d'eux
Balayés les amours
Avec leurs trémolos
Balayés pour toujours
Je repars à zéro

Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni le bien qu'on m'a fait
Ni le mal, tout ça m'est bien égal

Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Car ma vie, car mes joies
Aujourd'hui, ça commence avec toi



No, nada en absoluto

No, no me arrepiento de nada

Ni del bien que me hicieron

Ni del mal, me da igual


No, nada en absoluto

No, no me arrepiento de nada

Pagado, borrado, olvidado

No me importa el pasado


Con mis recuerdos

Encendí el fuego

Mis penas, mis placeres

Ya no los necesito

Llevados, los amores

Con sus trémolos

Llevados para siempre

Vuelvo a empezar


No, nada en absoluto

No, no me arrepiento de nada

Ni del bien que me hicieron

Ni del mal, me da igual


No, nada en absoluto

No, no me arrepiento de nada

Porque mi vida, por mis alegrías

Hoy, empieza contigo


La Bohemia


Je vous parle d'un tempsQue les moins de vingt ansNe peuvent pas connaîtreMontmartre, en ce temps-làAccrochait ses lilasJusque sous nos fenêtres
Et si l'humble garniQui nous servait de nidNe payait pas de mineC'est là qu'on s'est connuMoi qui criais famineEt toi qui posais nue
La BohèmeLa BohèmeÇa voulait direOn est heureuxLa BohèmeLa BohèmeNous ne mangionsQu'un jour sur deux
Dans les cafés voisinsNous étions quelques-unsQui attendions la gloireEt, bien que miséreuxAvec le ventre creuxNous ne cessions d'y croire
Et quand quelque bistroContre un bon repas chaudNous prenait une toileNous récitions des versGroupés autour du poêleEn oubliant l'hiver
La BohèmeLa BohèmeÇa voulait direTu es jolieLa BohèmeLa BohèmeEt nous avions tous du génie
Souvent, il m'arrivaitDevant mon chevaletDe passer des nuits blanchesRetouchant le dessinDe la ligne d'un seinDu galbe d'une hanche
Et ce n'est qu'au matinQu'on s'asseyait enfinDevant un café-crèmeÉpuisés mais ravisFallait-il que l'on s'aimeEt qu'on aime la vie
La BohèmeLa BohèmeÇa voulait direOn a vingt ansLa BohèmeLa BohèmeEt nous vivionsDe l'air du temps
Quand, au hasard des joursJe m'en vais faire un tourÀ mon ancienne adresseJe ne reconnais plusNi les murs, ni les ruesQui ont vu ma jeunesse
En haut d'un escalierJe cherche l'atelierDont plus rien ne subsisteDans son nouveau décorMontmartre semble tristeEt les lilas sont morts
La BohèmeLa BohèmeOn était jeunesOn était fousLa BohèmeLa BohèmeÇa ne veut plusRien dire du tout

Hablo de una época
que aquellos menores de veinte
no pueden conocer
Montmartre, en aquel entonces
Colgaba sus lilas
Justo bajo nuestras ventanas
Y aunque la humilde pensión
que nos servía de nido
no parecía gran cosa
ahí nos conocimos
yo, hambriento
y tú, posando desnuda
La Bohème
La Bohème
Significaba
somos felices
La Bohème
La Bohème
solo comíamos
día por medio
en los cafés cercanos
éramos algunos
mientras esperábamos la fama
y, aunque indigentes
con el estómago vacío
nunca dejamos de creer en ella
y cuando algún bistró
a cambio de una buena comida caliente
nos llevaba un cuadro
recitamos versos
reunidos alrededor de la estufa
olvidando el invierno
La Bohème
La Bohème
Significaba
eres hermosa
La Bohème
La Bohème
y todos tuvimos de genio
A menudo me pasaba
frente a mi caballete
pasar noches en vela
retocando el dibujo
de la línea de un pecho
de la curva de una cadera
y era solo por la mañana
que por fin nos sentábamos
a tomar un café con leche
agotados pero encantados
teníamos que amarnos
y amar la vida
La Bohème
La Bohème
Significaba
que teníamos veinte años
La Bohème
La Bohème
y vivíamos
del espíritu de la época
cuando, por casualidad, un día
salgo a pasear
a mi antigua dirección
ya no reconozco
ni los muros ni las calles
que presenciaron mi juventud
en lo alto de una escalera
busco el estudio
del que no queda nada
en su nuevo entorno
Montmartre parece triste
y las lilas están muertas
La Bohème
La Bohème
éramos jóvenes
estábamos locos
La Bohemia
La Bohème
No significar nada más
En absoluto

Les feuilles morte
Oh, je voudrais tant que tu te souviennesDes jours heureux où nous étions amisEn ce temps-là, la vie était plus belleEt le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Les feuilles mortes se ramassent à la pelleTu vois, je n'ai pas oubliéLes feuilles mortes se ramassent à la pelleLes souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du Nord les emporteDans la nuit froide de l'oubliTu vois, je n'ai pas oubliéLa chanson que tu me chantais
C'est une chanson qui nous ressembleToi tu m'aimais, et je t'aimaisNous vivions tous les deux ensembleToi qui m'aimais, moi qui t'aimais
Mais la vie sépare ceux qui s'aimentTout doucement, sans faire de bruitEt la mer efface sur le sableLes pas des amants désunis
La, la, la, laLa, la, la, laLa, la, la, laLa, la, la, laLa, la, la, laLa, la, la, laLa, la, la, laLa, la, la, la
Mais la vie sépare ceux qui s'aimentTout doucement, sans faire de bruitEt la mer efface sur le sableLes pas des amants désunis

Oh, desearía tanto que recordaras
Los días felices cuando éramos amigos
En aquellos días, la vida era más hermosa
Y el sol más caliente que hoy
Las hojas muertas se recogen a paladas
Ya ves, no he olvidado
Las hojas muertas se recogen a paladas
Recuerdos y arrepentimientos también
Y el viento del norte se los lleva
A la fría noche del olvido
Ya ves, no he olvidado
La canción que solías cantarme
Es una canción que es como nosotros
Me amabas y yo te amaba
Vivimos juntos
Tú que me amabas, yo que te amaba
Pero la vida separa a los que se aman
Tan suavemente, sin un sonido
Y el mar borra de la arena
Los pasos de los amantes se separaron
La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la
La, la, la, la
Pero la vida separa a quienes se aman
Suavemente, sin un sonido
Y el mar borra de la arena
Los pasos de los amantes  separardos

Hay que reírse con el arte contemporáneo

En ‘Arte parece, plátano es’ la periodista Laura Revuelta ofrece 21 claves para aproximarse al arte del siglo XXI a través de algunos de sus grandes hitos recientes
 

Laura Revuelta (Madrid, 60 años) lleva más de tres décadas en la primera fila del gran desfile del arte contemporáneo. Como informadora y crítica, no se ha perdido ningún evento en el que los artistas quisieran dar a conocer su talento. Como redactora jefa del suplemento cultural de Abc y ahora desde Abril, Revuelta se ha podido codear con todos aquellos que tuvieran alguna novedad que aportar ya fuera en bienales, ferias, exposiciones o cualquier tipo de happening artístico. El resultado de ese profundo conocimiento es un ensayo o guía para acercarse con juicio al arte más actual: Arte parece, plátano es. 21 claves para entender el arte del siglo XXI (Taurus).

El argumento elegido para desarrollar y titular el libro es Comedian, la obra conceptual del hiperrealista italiano Maurizio Cattelan que se expuso en Art Basel Miami en 2019. Era un auténtico plátano pegado a la pared con cinta adhesiva. Se llegaron a pagar 6,5 millones de dólares y la noticia dio la vuelta al mundo con las mismas risas que antes soportaron otros a los que ahora nadie niega la categoría de artistas: Marcel Duchamp y su urinario o Andy Warhol y sus latas de sopa.


 

Latas de sopa Campbell', de Andy Warhol, expuestas en el Museo de Arte Moderno de Queens. MATT CAMPBELL (AFP / Getty Images)

Pero el libro no es un compendio de disparates del arte contemporáneo, que también, sino una profunda reflexión sobre la creación más inmediata. La autora, fervorosa admiradora de toda clase de arte, ha dividido el libro en 21 capítulos que resumen para el lector cuáles han sido los episodios más significativos a lo largo del siglo XXI. Arranca poniendo a Picasso en calzoncillos, sigue con la inmortalidad de Duchamp o cómo Damien Hirst se toma el arte a cachondeo; aborda el fenómeno Banksy, la espuma de humo de Ferran Adrià o el sarampión de Yayoi Kusama. Al margen de nombres de superestrellas artísticas, Revuelta también escribe sobre los hombres que no aman a las artistas, la incorrección del arte en tiempos de corrección política, el big bang de las redes sociales, el brevísimo fenómeno de los NFT, la descolonización de los museos o, entre otras cosas, la eficacia de emprenderla a tartazos contra la Gioconda para salvar el clima.

El libro es un interesante y divertido manual con el que cualquier lector puede aproximarse sin recelo al arte contemporáneo. Todo está contado con un lenguaje sencillo y comprensible con el que la autora ha querido huir de la ampulosidad y opacidad que utilizan a veces los “grandes expertos” en la materia. Además de un lenguaje próximo, Revuelta utiliza la ironía y sentido del humor con los que impregna sus críticas y artículos. Contagiada del humor de Marcel Duchamp, la periodista y a veces comisaria quiere que contemplemos el arte como una broma infinita a la que conviene seguir el juego porque el arte es reflejo de la vida.

Arte parece, plátano es. 21 claves para entender el arte del siglo XXI  

Laura Revuelta   
Taurus, 2025
256 páginas. 21,90 eu
 https://elpais.com/babelia/2025-11-08/hay-que-reirse-con-el-arte-contemporaneo.html

_- La principal invención de las élites: los pobres de derecha

_- Fuentes: El tábano economista

Élites rentistas y la fabricación del pobre de derecha en el laberinto sudamericano (El Tábano Economista) 

 América Latina se debate en una paradoja estructural que define su tragedia contemporánea: la coexistencia de dos dispositivos sociales profundamente incompatibles, pero funcionalmente entrelazados. Por un lado, unas élites que han resignado cualquier pretensión de constituir una burguesía moderna, orientada a la inversión productiva de largo plazo y al fortalecimiento del Estado-Nación como proyecto colectivo.

En su lugar, se han consolidado como una aristocracia rentista, una clase parasitaria que prioriza la preservación de privilegios feudales a expensas del bien común, perfeccionando el arte de capturar los recursos del Estado para beneficio de una minoría cada vez más reducida y más rica. Frente a esta oligarquía extractiva, se erige su creación más perversa y efectiva: la clase baja reaccionaria, el «pobre de derecha».

Este fenómeno sociológico representa la culminación de una ingeniería social deliberada: los excluidos del sistema, intoxicados por un resentimiento comprensible pero canalizado en direcciones catastróficas, encuentran en el discurso de la derecha más recalcitrante un «poder simbólico» que les ofrece una dosis de dignidad moral y una compensación psicológica basada en la denigración de «los otros» la izquierda, las minorías, los vagos, todos aquellos que pueden ser señalados como inferiores en una jerarquía imaginaria de merecimiento.

El objetivo fundamental de las élites sudamericanas no es la construcción nacional, sino la preservación y ampliación del patrimonio familiar y grupal en un entorno de alta volatilidad política y económica. La lógica de poder de estas aristocracias es inherentemente extractiva y defensiva, centrada en la captura sistemática de recursos estatales y la neutralización metódica de cualquier amenaza redistributiva. No aspiran a fortalecer el Estado-Nación como un actor global con soberanía real, sino a utilizarlo como un instrumento maleable para sus intereses privados, un patrón que las hermana con las élites globales analizadas en el artículo “La captura estatal en la batalla fiscal de los multimillonarios”.

Dentro de este panorama general, es posible identificar al menos tres proyectos o trayectorias divergentes que delinean el mapa del poder en la región. La élite globalizada o «desacoplada» constituida por grandes conglomerados familiares que han logrado diversificar sus activos a nivel global, cuyo objetivo primordial es insertarse de manera subordinada en las cadenas de valor mundial como exportadores especializados de commodities de alta calidad, desvinculando su destino del devenir de sus países de origen.

La élite nacional-rentista o «del atraso» abarca sectores industriales protegidos, constructoras que subsisten de la obra pública, grupos mediáticos con una influencia política desmesurada y segmentos del sector financiero; su riqueza depende directamente de una relación simbiótica y parasitaria con el Estado, es profundamente antipopular y su discurso público suele adoptar un tono moralista y autoritario para enmascarar su voracidad extractiva.

Finalmente, la élite criminal transnacional —carteles de la droga, minería y tala ilegal, redes de contrabando— representa la forma más pura y violenta de acumulación de capital, un poder que se está fusionando peligrosamente con partes de las élites tradicionales a través del blanqueo de capitales y la cooptación de políticos, desafiando el monopolio estatal de la violencia y constituyendo una amenaza existencial para cualquier proyecto de desarrollo soberano.

El proyecto hegemónico que parece imponerse en la región es una alianza pragmática y a menudo incómoda entre la élite globalizada y sectores de la élite nacional-rentista, articulada bajo un discurso de «modernización conservadora» que promete eficiencia mientras consolida privilegios. Sin embargo, para comprender las trayectorias divergentes de los dos gigantes sudamericanos, es esencial diseccionar las diferencias fundamentales entre las élites brasileña y argentina. Aunque ambas comparten un origen colonial y lógicas rentistas profundamente arraigadas, han evolucionado de forma distinta, forjando destinos nacionales igualmente disímiles.

La élite brasileña cimentó su riqueza en el latifundio esclavista —durante los ciclos del azúcar y el café— y luego en la extracción minera a gran escala. Esta historia generó una estructura profundamente patrimonialista, donde la línea que separa la fortuna familiar del interés estatal siempre fue difusa, porosa y corruptora. Históricamente, utilizó el Estado no para aniquilar al capital nacional, sino para crearlo y protegerlo, dando forma a un modelo de «capitalismo de Estado» y sustitución de importaciones que creó conglomerados privados-nacionales gigantescos —Vale, Odebrecht, Friboi/JBS, Embraer— que funcionan como campeones nacionales.

La fusión entre lo público y lo privado es tan profunda que resulta difícil discernir dónde termina uno y comienza el otro, con instrumentos como el BNDES financiando la internacionalización de estas empresas. Esta élite se siente cómoda con un estado grande y poderoso, siempre y cuando pueda influenciarlo y dirigirlo desde dentro. Su poder está distribuido entre élites regionales fuertes —paulista, mineira, gaúcha, nordestina— que negocian constantemente su participación en el poder central, creando un sistema de poder más «federalizado» y complejo. La élite brasileña, especialmente su sector industrial-financiero, alimenta una visión de Brasil como potencia global, lo que implica defender una política exterior con pretensiones de soberanía, un desarrollo militar autónomo y un liderazgo regional incuestionable. Aspira a ser un proveedor global de commodities, pero también un exportador de manufacturas y servicios complejos, desde la aviación hasta la tecnología del petróleo.

Esta ambición se refleja nítidamente en su relación con China, que ha evolucionado de un vínculo puramente comercial a una asociación estratégica de primer orden. Siendo China el principal socio comercial de Brasil desde 2009, en 2024 el 30% de las exportaciones brasileñas tuvieron como destino el país asiático, y de los 26 estados brasileños, 16 tienen a China como su principal socio comercial. Los BRICS actúan como el marco institucional que afianza esta cuña geopolítica que Brasilia introduce frente a la histórica hegemonía de Washington. El flujo de inversiones es abrumador: China invirtió US$379 millones en participaciones accionarias brasileñas en 2024, superando todos los totales anuales previos, con una presencia avasalladora en sectores clave como la energía —donde controla redes eléctricas vitales—, la minería —con la compra estratégica de activos en litio y níquel para la industria de baterías— y la infraestructura crítica —puertos, ferrocarriles—.

Empresas chinas como BYD y Huawei expanden su dominio en tecnología y autos eléctricos, mientras el yuan domina el 40% del comercio bilateral en 2025, erosionando la hegemonía del dólar y facilitando transacciones directas sin la intermediación del sistema financiero estadounidense.

Este pragmatismo geoeconómico contrasta violentamente con la trayectoria de la élite argentina, cuya herencia se forjó en el modelo agro-exportador y la ganadería extensiva de la Pampa Húmeda. Al basarse en una mano de obra mayoritariamente asalariada o inmigrante, y no esclava, generó una élite más cosmopolita y europeizante que soñaba con ser el «Granero del Mundo», pero cuyo conflicto social fue primordialmente de clase y distribución del ingreso, creando una dinámica distinta y una élite con mayor capacidad de integración simbólica, pero también más temerosa y traumatizada por la movilización popular urbana, resumida en el peronismo.

La relación de la élite argentina con el Estado es esquizofrénica y permanentemente conflictiva. Por un lado, lo denigra como un obstáculo para sus ganancias — impuestos y regulaciones— y, por el otro, lo anhela como la principal fuente de renta —a través de subsidios, obra pública y protección arancelaria—. A diferencia de Brasil, carece de megacorporaciones industriales nacionales con vocación global, predominando en su lugar grupos económicos flexibles, holdings diversificados y el poderosísimo sector agroexportador trasnacionalizado. Esta élite está más ideologizada, esgrimiendo un discurso liberal antiestatal cuando está en la oposición, pero practicando un rentismo voraz cuando accede al poder.

El mecanismo de dominación más efectivo de estas élites no reside, sin embargo, en su poder económico bruto, sino en su capacidad para cooptar a los propios sectores populares que victimizan, creando una base reaccionaria que vota consistentemente contra sus propios intereses económicos materiales. El sociólogo brasileño Jessé Souza, en su libro “Los pobres de derecha; la venganza de los bastardos”, desentraña este fenómeno no como una simple «alienación» o ignorancia, sino como una respuesta psicológica comprensible a humillaciones sistemáticas.

En Brasil, el neopentecostalismo integra este dispositivo a la perfección: sus iglesias prometen prosperidad espiritual y material, alineándose con el bolsonarismo para crear una identidad donde los pobres se sienten «elegidos» en una guerra santa contra los «corruptos» de izquierda. En Argentina, Milei utiliza las redes sociales y los medios afines para canalizar la rabia popular contra «la casta», un enemigo abstracto del cual él y sus aliados forman parte estructural, desviando así la atención mientras implementa políticas que protegen y amplían los privilegios de las élites económicas. El resultado es un triunfo perverso de la ingeniería social: los pobres defienden con fervor políticas que profundizan su propia miseria material, creyendo en la fantasía de un ascenso individual que el sistema estructuralmente les niega.

Souza enfatiza que este fenómeno es, en esencia, la «venganza de los bastardos»: un resentimiento acumulado por la exclusión social y la falta de reconocimiento, que genera una adhesión visceral a la extrema derecha, la cual ofrece una «igualdad» puramente simbólica —la posibilidad de sentirse «duro» y superior frente a otros grupos aún más vulnerables— sin tocar para nada la distribución real de la riqueza. Esto explica sociológicamente fenómenos como el apoyo masivo de sectores evangélicos pobres a Bolsonaro en Brasil, o el voto popular antiperonista que llevó a Milei al poder en Argentina.

La clave de la dominación en el siglo XXI sudamericano está en esta disputa por el reconocimiento social dentro de la propia base de la pirámide. La élite, en alianza con una clase media temerosa, promueve incansablemente una narrativa que culpabiliza al pobre por su propia condición. Según este relato, el pobre es pobre porque es «flojo», «inmoral» o «inculto». El «pobre de derecha» internaliza esta narrativa venenosa y, al apoyar a políticos y discursos que atacan a los más pobres que él, está realizando un acto performativo de distinción: «Yo no soy como esos vagos; yo soy trabajador, soy decente, soy parte de la gente de bien«.

La gran hazaña, la obra maestra de las élites sudamericanas, fue crear un mecanismo de dominación casi perfecto, donde una parte significativa de las víctimas del sistema defiende con pasión a sus propios victimarios, porque ha internalizado la lógica moral que justifica la desigualdad como un orden natural.

Fuente: 

domingo, 28 de diciembre de 2025

Seymour Hersh, un periodista que cambió la historia

<p>Seymour Hersh en la oficina de The New York Times en Washington en 1975. / <strong>Netflix</strong></p>

Seymour Hersh en la oficina de The New York Times en Washington en 1975. / Netflix


Un documental de Laura Poitras y Mark Obenhaus rinde homenaje al legendario reportero de investigación que destapó la matanza de Mỹ Lai (1969), los abusos en la cárcel de Abu Ghraib (2004) y el sabotaje del gasoducto Nord Stream (2023)

Hay un momento en Cover-Up, el documental sobre Seymour Hersh que se estrena estos días en Netflix, que ilustra perfectamente el método de trabajo del legendario periodista de investigación estadounidense. Ocurre cuando Hersh les explica a Laura Poitras y Mark Obenhaus, los realizadores de la película, cómo dio con el soldado que estaba en el centro de la masacre de Mỹ Lai, uno de los mayores escándalos de la guerra de Vietnam, que Hersh reveló en 1969.

Hersh ya llevaba cierto tiempo cubriendo el Pentágono. Pero en lugar de hacer piña con los otros periodistas y transmitir lo que los mandamases se dignaban a comunicarles en sus ruedas de prensa diarias, Hersh iba a la cafetería, donde forjaba amistades con funcionarios y oficiales. Un día, recibe una llamada de una persona desconocida que le transmite un rumor: un soldado se ha vuelto loco en Vietnam, matando a mucha gente. Poco después, Hersh se topa en un pasillo del Pentágono con un coronel amigo al que no ha visto en años y que acaba de ser no solo promovido a general, sino nombrado jefe de gabinete del comandante de las fuerzas norteamericanas en Vietnam, William Westmoreland. Bromeando con su amigo, Hersh le pregunta a bocajarro: “Oye, ¿qué sabes del tipo que se ha cargado a una aldea entera?”.“Mira, Sy”, le contesta el otro, “a ese tal Calley, espero que se lo lleve el mismísimo diablo”.

Así, sin darse cuenta, el general no solo le confirmó el rumor, sino que además le proporcionó una pista clave: el apellido del soldado. Esto le permitió a Hersh emprender una búsqueda rocambolesca –incluida una visita al despacho de un abogado, donde logró transcribir una página de un expediente que el abogado había dejado expuesto sin querer, mientras charlaban de otra cosa– que finalmente le llevó a una base militar, donde consiguió entrevistar al soldado. Paso a paso, descubrió que la masacre de Mỹ Lai no había supuesto ninguna atrocidad aislada o individual, sino que encajaba en un patrón de violencia militar contra civiles.

La combinación de atrevimiento, persistencia e ingenio que le llevó a esta primicia marcaría toda la carrera de Sy Hersh, un outsider por antonomasia. Nació en plena Gran Depresión, en 1937, en el seno de una familia judía en un barrio negro del South Side de Chicago. Después de la muerte repentina de su padre, se tuvo que encargar del negocio familiar, una tintorería. Fue una casualidad (un profesor que apreció su talento) la que le llevó a la Universidad de Chicago, y otra casualidad (un encuentro fortuito con alguien que trabajaba en un diario) la que le permitió descubrir su vocación de periodista. Como joven reportero, le tocó cubrir a la policía municipal en una ciudad aún dominada por la mafia. Se enamoró del oficio al instante; el flechazo le ha durado más de 60 años.

Cover-Up, que combina un repaso de su carrera con entrevistas en las que Poitras y Obenhaus no esquivan las preguntas incómodas, es un tributo a su protagonista octogenario. Pero también es un retrato de toda una generación. De hecho, nos permite inferir cuáles son los rasgos que han definido a la escuela periodística que Hersh ayudó a consolidar y que consiguió destapar algunos de los mayores escándalos políticos de los siglos XX y XXI, desde el Watergate hasta los desmanes de la CIA en Latinoamérica o los abusos de Estados Unidos en Irak.

Aunque Hersh y compañía se nutren de las filtraciones, nunca caen en lo que hoy conocemos como periodismo de filtración. Las fuentes que acaban por compartir información secreta con el periodista son importantes, pero no controlan el relato. La confianza que ponen en el reportero se basa, ante todo, en que este tratará la información filtrada con responsabilidad y protegerá su identidad a toda costa. De hecho, Hersh –que tardó 20 años en aceptar la propuesta de Poitras de hacer un documental sobre él– se queja una y otra vez ante el equipo de rodaje, al que ha dado acceso a todos sus apuntes. Varias veces se arrepiente y amenaza con tirar la toalla. Lo que están haciendo, dice, “es malo para mi gente”. Llama la atención que se refiera a sus fuentes como si fueran parientes suyos.

Cuando Poitras le pregunta por qué, a lo largo de los años, tantas personas se han mostrado dispuestas a compartir datos sensibles con él, contesta: “La gente filtra por muchas razones diferentes. Yo les ofrezco un servicio. Si la filtración es buena, voy a por ella a toda leche”. Las y los filtradores no siempre comparten los objetivos de Hersh –destapar abusos–, pero no son pocos los que se deciden a dar el paso por motivos éticos.

La primicia de Mỹ Lai, que le valió un Premio Pulitzer, fue publicada por una pequeña agencia porque los grandes medios no se atrevían

Un segundo rasgo que destaca es que las y los reporteros de la generación de Hersh suelen operar en solitario. Desconfían de los colectivos y de las instituciones, incluidos los propios medios para los que trabajan. No suelen ser colegas de trato fácil; de team players tienen poco. Van a contracorriente, son más bien tercos y se enojan con facilidad. Ponen mucha más fe en su intuición que en el criterio de sus superiores o en los protocolos oficiales. Por otro lado, este modus operandi solitario también les confiere un humanismo y una flexibilidad que les ayudan a mantener sus amplias redes de contactos personales.

En tercer lugar, Hersh y compañía no han sido quisquillosos con respecto a los medios de los que se han servido para difundir su trabajo. Han sido importantes los grandes diarios y las revistas establecidas, claro está. Pero la primicia de Mỹ Lai, que le valió un Premio Pulitzer, fue publicada por una agencia de medio pelo porque los grandes medios no se atrevían. Hersh también ha escrito libros –incluido un relato desmitificador sobre el gobierno de John F. Kennedy– y ha colaborado en documentales. Desde hace varios años, escribe en Substack, donde tiene doscientos mil suscriptores. 

Seymour Hersh en una imagen promocional del documental 'Cover-Up' (Poitras y Obenhaus, 2025).

Seymour Hersh en una imagen promocional del documental ‘Cover-Up’ (Poitras y Obenhaus, 2025

Con todo esto, algo más difícil de precisar ha sido la orientación política de Hersh. Richard Nixon le consideraba un peligroso comunista, por el que, sin embargo, sentía un curioso respeto (“El hijoputa es un hijo de puta, pero suele estar en lo cierto”, espeta el presidente en una conversación con Kissinger cuya grabación reproducen Poitras y Obenhaus). Cuando Hersh se dedicaba a descubrir las atrocidades norteamericanas en Vietnam, hubo quien sugirió que fuera deportado a Cuba.

Pero aunque Hersh suele identificarse como “viejo progre” (“an old leftie”), en realidad opera desde un marco político bastante más básico: es un patriota norteamericano que, como hijo de inmigrantes, se toma muy en serio los valores democráticos y republicanos que le enseñaron en la escuela pública (“Es la persona más patriótica que conozco”, me dijo Dan Kaufman, un antiguo colaborador). Desconfía de toda forma de poder, empezando por su propio gobierno. Al final del documental, Hersh se emociona al abordar el coste emocional de cubrir episodios de violencia extrema. Poitras le pregunta por qué, a pesar de todo, sigue dedicado a esta labor. “Es que no puedes tener un país que haga esto y dejar que [ese país] mire hacia otro lado”, dice Hersh. “No puedes”.

La conclusión más importante del documental, sin embargo, quizá sea otra: el periodismo de verdad –el que cuenta y cambia el mundo– es humano. En todos los sentidos. Puede parecer obvio, pero no sobra reafirmarlo en un momento en que la mayor amenaza que se cierne sobre la profesión es el parasitismo robótico de la inteligencia artificial. Por más que se dediquen a ordenar y sintetizar información, la labor de Hersh y compañía es un producto, por un lado, de valores éticos, solidarios y, por otro, de relaciones interpersonales atravesadas por la confianza y el escepticismo, la intuición y el afecto y, a menudo, una fe francamente irracional en la posibilidad de descubrir y contar la verdad.

Que este periodismo sea humano –ético, intuitivo, interpersonal– también significa que es falible. La intuición no siempre acierta. Hersh tiene fama de terco e irascible, pero cuando Poitras y Obenhaus le preguntan por algunos de sus trabajos más criticados –incluida su cobertura amable del gobierno de Bashar al-Assad, que quiso desmentir el uso de armas químicas– Hersh admite que se dejó embaucar por el líder sirio. “Le vi tres o cuatro veces y no creí que fuera capaz de hacer lo que hizo”, confiesa. “Podemos decir que estuve equivocado. Muy equivocado”. “¿Es un ejemplo de lo que puede pasar cuando uno se acerca demasiado al poder?”, le pregunta Poitras. “Por supuesto”, contesta Hersh.

El periodista se muestra menos contrito respecto a una historia de 2023 que afirma que el sabotaje del gasoducto Nord Stream, en el mar Báltico, fue obra de los servicios de inteligencia estadounidenses. Esta investigación, como otras recientes de Hersh, tiene toda la pinta de estar basada en una única fuente, algo que muchos del gremio considerarían una práctica deontológicamente dudosa. “La crítica es legítima”, dice Hersh, “pero ¿qué quieres que haga?”. “¿Qué pasa si la fuente se equivoca?” le pregunta Poitras. “Pues entonces llevo veinte años equivocándome”, contesta Hersh impertérrito. “Porque llevo veinte años trabajando con este tipo. Y al final siempre se demostraba que lo que me contaba era verdad”.

“A pesar de que no he estado de acuerdo con todo lo que ha hecho, Sy Hersh es uno de mis héroes”, me dice por teléfono David Kaplan, un periodista veterano norteamericano que ha dirigido el Centro de Integridad Pública (CPI), el Consorcio Internacional de Periodismo de Investigación (ICIJ) y la Red Mundial del mismo nombre (GIJN). “Todas y todos los que nos dedicamos a esto le debemos mucho. Su obra marca un hito en una tradición norteamericana de largo abolengo, que comienza con los muckrakers del fin de siglo: gente como Upton Sinclair, Lincoln Steffens e Ida Tarbell”, agrega Kaplan. “Son periodistas que, como Sy, parten de la indignación moral. No es casualidad que, cuando se fundó la asociación estadounidense de periodistas de investigación, adoptara las siglas I.R.E. [ira en inglés]. Además de este punto de partida ético, los principios básicos del gremio siguen siendo los mismos. Se trata de emprender investigaciones sistemáticas, de largo aliento, que partan de hipótesis y busquen evidencia sólida para probarlas o refutarlas”.

“Eso sí”, agrega Kaplan, “los muckrakers de antes eran lobos solitarios, como lo ha sido Hersh. Hoy, los cambios tecnológicos y las presiones políticas han hecho que los modelos más efectivos sean colaborativos: muchos trabajamos en equipos de investigación que unen varios medios y que, muchas veces, trascienden las fronteras nacionales. La tecnología, por un lado, ha supuesto una presión añadida, dadas las formas de vigilancia constantes y cada vez más intrusivas que afrontamos las y los periodistas. Por otro lado, las filtraciones también son mucho más fáciles. Hoy es extremadamente difícil guardar un secreto. Todos los registros de un banco, por poner un caso, caben en un solo USB. Y disponemos de métodos de computación que nos permiten analizar datos a una escala que habría sido inimaginable hace quince años”.

Pero incluso Hersh, ese lobo solitario, ha tenido colaboradores y equipos de apoyo. “Era siempre impaciente y duro, pero nos tenía un gran respeto”, me dijo el periodista Dan Kaufman, que trabajó varios años con él como fact checker (contrastador de información) en la revista The New Yorker, en la época en que Hersh destapó, en tres piezas sucesivas, los abusos en la cárcel de Abu Ghraib.

“Nos apreciaba”, recuerda Kaufman, “porque le importaba que reforzáramos el rigor de sus piezas”. “No hay relación más simbiótica que la de un reportero y sus contrastadores”, dijo Hersh en 2018 en una presentación de libro, “porque se basa en la confianza: según las reglas del New Yorker, el contrastador tiene que hablar con todas mis fuentes, por más secretas que sean”.

Su relación con los editores, en cambio, solía ser más tensa. “Hay que entender la presión que pesaba sobre cualquiera de las historias de Hersh. Dados sus temas, la revista siempre se enfrentaba a amenazas legales. Él solía trabajar con dos editores –Amy Sorkin y John Bennet, otra leyenda– y dos contrastadores. Eran días largos, con 40 o 50 llamadas de Hersh, todas brevísimas, impacientes y excitadas. Pero una vez terminado el trabajo, nos agradecía nuestra labor con gran generosidad”.

“Como periodista, aprendí mucho de Sy”, dice Kaufman. “En mi propio trabajo, he asimilado a fondo su mantra personal: quítate de en medio para dejar paso a la historia. Uno de los aspectos que más admiro de él es su capacidad para crear un espacio para la voz de los testigos, a quienes a veces trata con algo parecido a la ternura. Otro es su desconfianza perpetua de los relatos oficiales y de las élites que los propagan. En ese sentido, son cruciales sus raíces obreras. Cuando sabe que el relato oficial que se propaga es falso, se ofende personalmente. La indignación moral que le mueve es genuina y constante, como lo es su patriotismo”.

“No conozco a ningún periodista que persiga sus historias con más tesón”, agrega Kaufman. “Es increíble que, con sus 88 años, escriba al menos una pieza por semana. Y me consta que en Substack sigue trabajando con verificadores. Aunque las piezas que publica allí tienen menos peso que en una revista como el New Yorker, estar en Substack le permite asumir más riesgo –por más que signifique que puede equivocarse–. A estas alturas, se lo puede permitir. Al fin y al cabo, dos de sus primicias, la de Mỹ Lai en 1969 y la de Abu Ghraib en 2004, expusieron las dimensiones ocultas del poder de Estados Unidos. Y al hacerlo, cambiaron el curso de la historia”. 

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Reino de España: Los jóvenes y las derechas


El Instituto Nacional de Estadística (INE) ha reconocido en 2025 un censo poblacional en España de más de 49.000.00 de personas, de las cuales, algo más del 15,9 % (7.350.000) tienen entre 15 y 29 años.

Por su parte, las encuestas, especialmente las electorales, registran un giro a la derecha entre la juventud. Según los sondeos, Vox sería, con un 25,1%, la primera opción de voto en la franja de edad que va de los 18 a los 24 años. Se espera que esta tendencia electoral se vea reflejada el próximo 21 de diciembre en las elecciones autonómicas en Extremadura.

Simultáneamente a lo anterior y sin intención de restarle ápice alguno de importancia, hay que añadir otros aspectos en sentido contrapuesto, pero a la vez sin una clara concreción electoral. Ejemplos son la implicación de un número importante de jóvenes en la movilización contra el genocidio en Palestina, particularmente, durante la vuelta ciclista a España; la participación de manera amplia y activa en el movimiento feminista y en la lucha por una vivienda digna en el marco del sindicato de inquilinas/os o su determinante presencia en la huelga general de dos días llevada a cabo en noviembre en las seis universidades madrileñas en defensa de la educación pública y de calidad. También en las movilizaciones en defensa del territorio y el medioambiente contra los planes de instalación de la planta de celulosa de Altri en Galicia.

La suma y resta de tanto dato contrapuesto está dando como resultado un aumento de la llamada “polarización política” en la sociedad y, por supuesto, entre los jóvenes. El precio de dicho crecimiento tiene ya su reflejo en el Atlas de polarización que indica que, en el último año, un 14% de los españoles ha roto con amigos o familiares a “causa de las discusiones políticas”.

Para terminar de demostrar lo contradictorio del momento, los mismos estudios señalan que la mayoría de los jóvenes españoles se autodefinen como “más de izquierdas que de derechas”. A la vez, alrededor del 59% de ellos afirma “no sentirse representado por opción política alguna”. Tal carencia provoca que no pocos de los que se autodefinen como progresistas o de izquierdas se muevan en el abstencionismo político y registren una mayor volatilidad entre opciones a la hora de transformar su sentimiento en voto.

Desmontando mitos
A finales de junio de 2025, el Instituto de la Juventud publicaba el “Informe Juventud en España 2024: Entre la emergencia y la resiliencia”. Los datos que aparecen en el mismo muestran una juventud que vive una situación que, debido a su base material, se torna insostenible. Hagamos un rápido repaso usando la información del estudio señalado y de otros, cuyas fuentes aparecen al final de este artículo.

Los “sísís”, valor en alza: El 23% del total de los jóvenes estudian y trabajan al mismo tiempo, desmontando así el mito de su supuesta pasividad. Es muy de resaltar el esfuerzo de los menores no acompañados (MENA): el 89% de los mismos estudia o trabaja, o bien realiza ambas cosas a la vez.

Salario escaso y trabajo precario: A finales de 2024 el salario mediano de la juventud creció un 11% interanual, situándose en 14.046,52€ anuales, con una tasa de paro que descendió al 19,1%, si bien resulta superior a la media. En las parejas jóvenes, un 56,5% de las mujeres afirman que aportan más dinero a casa que su pareja masculina. Comparativamente con el resto de la población asalariada, las personas jóvenes, incluso las de entre 30 y 34 años, continúan percibiendo sueldos inferiores al resto de la población y su proporción de fijos discontinuos también es superior a la media, como lo es la notable sobre cualificación que revelan en relación a las habilidades que se les requieren en los empleos que encuentran.

Origen plural: Un 24% de las personas jóvenes (18 a 34 años) residentes en España ha nacido en el extranjero, 7 puntos más del total poblacional del reino. Sus orígenes son muy diversos, si bien destacan Sudamérica, África y la Unión Europea. Natalidad deseada: El 72% de las personas entre 15 y 34 años quieren tener un hijo/a, pero sólo el 19% puede. Para el 87% la principal dificultad se halla en la falta de medios económicos. La edad media de la primera maternidad en España se sitúa en 31,6 años, de las más ,mtardías de Europa. La tasa de fecundidad también estaba muy por debajo del nivel de reemplazo, con 1,16 hijos por mujer en 2022. Vivienda imposible: A finales de 2024 (en el 2025 resulta peor), alquilar una vivienda libre costaba de media 1.080€ mensuales, es decir, el 92,3% del salario de una persona joven. En tales condiciones, comprar una vivienda implica destinar a la misma el salario íntegro de 14 años.

En este contexto, el 65,6% de los jóvenes viven o dependen económicamente de sus progenitores. El alquiler es el régimen de tenencia más común entre la juventud (57,9%). El modelo de emancipación individual también se reduce: solo el 19,7 % de las personas jóvenes emancipadas vivía sola. El porcentaje de quienes compartían piso escaló hasta alcanzar el 29,3 %.

Salud mental: Los datos resultan especialmente preocupantes en este campo. La tasa de problemas psicológicos en el grupo de 15 a 34 años ha crecido un 590 % en la última década, ubicándose por encima de la media del resto de la población adulta. Un 41,4 % de las personas jóvenes con riesgo alto de comportamiento suicida nunca ha acudido a un profesional.

El Centro de Investigaciones Sociológicas (CIS) ha indicado que las tres principales preocupaciones de la juventud (entre el 20% y el 30% de los encuestados) son la vivienda, la economía y la inmigración. Por su parte, el Instituto de la Juventud sumaba también en el saco de las preocupaciones (con un rango de 8 sobre 10): la precariedad, el trabajo, los derechos de los animales, el cambio climático y la igualdad. Ahora bien, estos dos últimos ítems mostraban, aún manteniendo el mismo rango de importancia, una tendencia descendente. El contrato social

Los de los jóvenes son problemas “de este mundo” y se encuentran directamente asociados al contrato social. Es decir, a la relación existente entre aquello que se aporta a la sociedad y lo que esta, en contraprestación, ofrece y/o garantiza. Su situación no obedece a una realidad diferente a la del resto de la sociedad. Esta afirmación no niega (como las encuestas expresan) un específico punto de vista -no confundir con homogéneo- ni una repercusión o preocupación particular en algunos campos. Al contrario, esa especificidad pone de relieve hasta qué punto en nuestra sociedad están separadas la lista de las obligaciones cumplidas y las recompensas que se suponía que ese cumplimiento aparejaba. En otras palabras, todos los datos señalan que los jóvenes trabajan o quieren hacerlo y que esperan un salario y un trato digno; que estudian, que desean tener una familia, o poder llamar casa (hogar) a un piso y que les preocupa el medioambiente y la emergencia climática. En resumen, los informes indican que la llamada generación Z (nacidos entre 1997 y 2012) se encuentra muy lejos de poder integrarse y sus miembros de sentirse ciudadanos.

La polarización
Sectores muy amplios huyen del término, imploran contra esa polarización que divide a la sociedad. Acusan de ella a los demagogos de la extrema derecha de Vox, Alvise y señalan que el PP se pliega y es incapaz de frenar la deriva. Culpan al cada vez mayor número de bulos que aparecen en las redes sociales, reclaman a la juventud que salga de Tiktok y lea periódicos, como si estos no publicaran mentiras o verdades con mucho sesgo, a la vez que deslizan que debemos defender la democracia contra el totalitarismo.

Nadie duda que la derecha y la extrema derecha (que es quien marca el paso a ambas) asustan con sus invectivas contra las mujeres, los inmigrantes, el cambio climático, con su ceguera ante el problema de la vivienda o con su descalificación de lo que llaman la agenda “woke internacional.” Espanta aún más que sea precisamente la ideología más reaccionaria la que acabe ganando predicamento entre quienes tienen menor edad.

Los que “están dentro”, porque han podido acceder a una casa y tienen coche, trabajo e hijos, son precisamente quienes más escriben sobre ese miedo e identifican los graves problemas estructurales como simples debilidades del sistema del que forman parte.

Pero para los que “están fuera o medio fuera”, las “simples debilidades” muchas veces representan la causa nodal y fundamental de su falta de entrada. Por ello, esa democracia que se pide abrazar no tiene tanto valor. La mayoría de nuestra sociedad la prefiere, ninguna encuesta lo contradice, pero muchas y muchos se preguntan de qué democracia estamos hablando y qué se refiere.

El hecho más determinante en nuestra sociedad viene de su naturaleza capitalista. Es la oligarquía burguesa la que la dirige y a quien más y mejor le sirve. Es la burguesía la que da trabajo, la que forma élites, la que construye la información a partir de sus intereses y genera medios para difundirla; la que organiza la explotación de los recursos, comenzando por el trabajo humano y continuando por la naturaleza.

Para la inmensa mayoría de la población, la trabajadora, poco importa que se esté “dentro” o “fuera”, la vida representa una competencia por los recursos ya sean sociales o de empleo. Atenuar tal competencia exige impuestos y redistribución de la riqueza, o sea, más democracia y derechos universales sobre los que apoyarla. Pero los sistemas liberales y, con ellos, el contrato social sobre el que se construyen (especialmente en Europa occidental) no funcionan. La posición no se gana por mérito, esfuerzo o estudio, sino por herencia tal y como lo demuestran no pocos artículos de SP. Es más, todas las medidas tomadas en los últimos decenios han aumento la fragmentación general y reforzado las diferencias sociales, recortado las políticas compensatorias y negado de facto que, por la vía del trabajo y del estudio, sea posible para una parte cada vez mayor de la sociedad conseguir y hacer efectivos sus derechos o simplemente llegar a fin de mes.

Frente a lo anterior, el recurso del voto se ha revelado como un instrumento poco útil para revertir tales políticas. En estos años, todo el mundo ha aprendido que gobierno y poder no suponen lo mismo y que, en esa dicotomía, el dinero, la oligarquía que lo posee y sus conexiones con el aparato del Estado acaban doblegando o cuando menos paralizando a los gobiernos.

La polarización resulta un efecto evidente de que el contrato y el sistema que dice defenderlo no resultan útiles ni siquiera para la oligarquía, que intenta modificarlo y empuja con dinero, jueces, políticos y gobiernos, empezando por el de los EEUU, pero siguiendo por la UE, más y más a su favor y no duda en atacar derechos, con una población, incluida la juventud, que ve las puertas para mejorar su vida cada vez más cerradas.

Estamos en una época confusa para las fuerzas de progreso, de cambios, de presión y dominio ideológico de las derechas y combatirlo exige modificaciones importantes. Esos cambios que no pueden ser de matiz porque resulta imprescindible abrir las puertas a una nueva generación que reclama con justicia su lugar y papel. El capital no va a parar de jibarizar derechos y vaciar una democracia y un régimen (el del 78) muy poco dúctiles y sensibles a las necesidades habitacionales, medioambientales, de igualdad, laborales, educativas, salariales, etc.

La polarización en sí misma es el resultado, hacia un lado, del empuje del capital que busca unir fuerzas tras de sí y, hacia el otro, de la resistencia, rechazo y búsqueda de alternativas al giro reaccionario antes expuesto. En consecuencia, es inevitable que vaya a más y deseable que las izquierdas identifiquen su fondo y lo aprovechen (en la parte que vale) para avanzar y reagruparse.

Evitar que las derechas continúen avanzando exige ayudar a la juventud y con ello a toda la sociedad. Hay que abrirles la puerta y trabajar por ampliar la democracia y la igualdad en términos republicanos, o lo que lo mismo, restarle poder real a la oligarquía.

La acción de la política constituye un imprescindible para ello y con la que existe ahora, no es suficiente. Falta mucha unidad y movilización. Porque en este campo, el de la movilización, las encuestas, como la del CEO de Catalunya señalan que, siendo el de los jóvenes un sector social con un interés más bajo que la media en la política y con un gran desapego por los partidos, tienen confianza en la movilización y los efectos que ésta puede provocar sobre la sociedad.

Notas:

1) Este artículo toma sus datos: de la encuesta de 40 dB para El País y la SER, del estudio “La política de los jóvenes en España” (Fundación alternativas), del “informe de Juventud en España 2024” (Consejo de la Juventud de España), del “barómetro de junio 2025” del CIS y de la última ola de barómetro del Ceo de Catalunya https://govern.cat/govern/docs/2025/11/24/10/13/Dossier%20de%20premsa_11.

 2) La última encuesta del CEO de Catalunya el 63% de los jóvenes considera que la movilización es eficaz y un 35% de los de entre 18-24 años participó en una manifestación en el último año.

Carlos Girbau Es concejal de Más Madrid en Ciempozuelos y amigo de Sin Permiso. 

Fuente: 

www.sinpermiso.info, 20 de diciembre 2025<

sábado, 27 de diciembre de 2025

"La culpa es una de las principales enemigas: tiene que ver con nuestros vínculos primarios y con las exigencias de la sociedad, que pide cosas imposibles"

Olga Montero Rose sonríe sentada en una silla de madera con el respaldo hacia el frente y su codo derecho apoyado en él y su mano derecha sobre su rostro. Detrás hay una pintura.

Fuente de la imagen,Magali Bolívar

Pie de foto,Olga Montero Rose explora el sentimiento de culpa en su segunda novela.

Vivir libre de culpas o, por el contrario, acechada por ellas. Echárselas con frecuencia a la espalda o lanzarlas al resto del mundo. ¿Hay culpas sanas, tóxicas, culturales, religiosas, atávicas? ¿Cuál es su origen y su función en la cabeza, en el corazón y en la vida? 

 La psicoanalista peruana Olga Montero Rose, (Lima, 1964) penetra en esta emoción, que muchas veces muta en sentimiento, en su segunda novela, titulada "Culpa".

En su primer libro de ficción, "Cortejo", en el que navega entre Eros y Tánatos, es decir, entre el cortejo amoroso y el cortejo de la muerte, el tema ya le pataleaba en las vidas de sus personajes.

En "Culpa" la historia continúa. La protagonista es la misma mujer: Simona, una terapeuta, como ella, que se enamora de Magdalena.

Simona es libre y ama sin remordimientos; sin embargo, Magdalena, por su historia de infancia, vive atrapada por ellos.

Montero Rose, que participa esta semana en el Hay Festival de Arequipa, explica que en su práctica clínica "la culpa es una de las principales enemigas; tiene que ver con nuestros vínculos primarios y con las exigencias de la sociedad, que pide cosas imposibles".

"Es un tema enorme y quería batallar con la culpa, desmantelarla, casi desnudarla, entender cómo se gesta y cómo opera".

Mujer sentada en un sofá con cara adusta mirando hacia el frente, con sus codos sobre las rodillas y sus manos juntas frente a su boca.

Mujer sentada en un sofá con cara adusta mirando hacia el frente, con sus codos sobre las rodillas y sus manos juntas frente a su boca.

Fuente de la imagen,Getty Images

 
Pie de foto,
"El humano freudiano es un humano en conflicto y es importante saberlo", señala la psicoanalista peruana Olga Montero Rose.

Freud dice que el sentimiento de culpabilidad "fue, originalmente, miedo al castigo de los padres o, más exactamente, a perder el amor de los mismos". ¿Así se gesta la culpa?

El bebé es tan frágil en el nacimiento que depende de que alguien lo quiera y lo cuide para sobrevivir; de lo contrario, se muere física o psíquicamente.

Es decir, somos construidos por otro que nos cuenta cómo somos, no solo verbalmente, sino que nos conoce, sabe qué nos gusta, nos recoge a tiempo en el nido, se interesa por lo que hacemos; no estoy hablando de cosas heroicas, sino del día a día. Esa vivencia nos hace sentirnos y sabernos valiosos.

Pero hay instancias en las que las exigencias de los padres son que el niño sea como ellos quieren, lo que provoca una decepción si no lo es; esto va gestando que uno tiene que ser como el otro espera para ser amado.

El gran tema humano es que nos amen y el niño, por su capacidad cognitiva, siente que él es el responsable de ser o no querido; es por su egocentrismo, que no tiene que ver con un narcisismo, sino con su posibilidad de pensamiento.

La crianza deja huella; felizmente es reversible y no solo en la terapia, sino con futuros vínculos: un maestro que crea en nosotros, un hermano mayor, una nana nos pueden salvar la vida. Tenemos esa capacidad y las oportunidades que nos sacan de ese lugar, pero cuesta trabajo.

¿Es necesaria la culpa? Pienso en el "por mi culpa, por mi culpa, por mi gran culpa" del catolicismo que Magdalena reza en el libro…

La culpa es la responsabilidad que uno tiene cuando daña a alguien; todos lo hacemos y, en ese caso, hay que asumir y devenir en una reparación: nos hacemos cargo de los lados oscuros cuando nos equivocamos.

Sin embargo, Magdalena crece con una madre deprimida y un abuelo maligno que solo la descalifica: vive sintiendo cómo tendría que ser para ser aceptada, como si el otro fuera más importante que ella misma.

También hay culpas atávicas; tuve un profesor que decía que la Iglesia católica planteaba diez mandamientos imposibles para generar culpa y dominarnos. Esa era su hipótesis: amo a Dios sobre todas las cosas, lo cual es bastante complicado. ¿Cómo no vamos a desear a la mujer del prójimo? La deseamos porque es una pulsión, eso no quiere decir que la cortejemos ni que la seduzcamos, pero que no lo sintamos es inviable.

Nos dejan contenidos imposibles para hacernos culpables: y soy culpable por palabra, pensamiento, obra y omisión; eso no es natural, es un mandato cultural, un mandato religioso.

Mujer de pelo canoso con sus manos cubriendo su frente y rostro, está arrodillada en el banco de una iglesia, mientras un hombre más joven la consuela con un brazo sobre su espalda y el otro sobre un brazo.

Mujer de pelo canoso con sus manos cubriendo su frente y rostro, está arrodillada en el banco de una iglesia, mientras un hombre más joven la consuela con un brazo sobre su espalda y el otro sobre un brazo.

Fuente de la imagen,Getty Images

 
Pie de foto,
La autora plantea que existe un mandato cultural y religioso detrás de la culpa.

Desde tu experiencia, ¿cuáles son las culpas más habituales?

Tienen que ver con no ser suficiente, lo que también es sutil: no soy suficiente para el otro, tendría que darle más, soy culpable de no hacer lo correcto.

Si intento buscar un patrón, es que uno no merece: ¿cómo puedo ser feliz si mi hermano es infeliz? ¿cómo voy a establecer otra relación de pareja si mi ex está sufriendo? Como si mi deber fuera todos los demás, y no hubiera un lugar bien constituido para el propio merecimiento.

Muchísimas personas se maltratan a sí mismas: no valgo, no merezco, no me va a salir, ¡qué torpe!, siempre tan tonta.

En la terapia se escuchan y a veces no se dan cuenta de cómo se hablan y tengo que intervenir: "Pará un ratito, si eso te lo dijera alguien, ¿qué sería? ¡Horrible!, una agresión. ¿Y si esto que te has dicho se lo dijeras a tu hija? ¡Imposible!" Pero uno incorpora a ese castigador.

Si los padres te hacen saber que vales, termina siendo natural. En términos de una construcción psíquica sana hace que uno se sienta merecedor y el otro también; soy una persona que se valora, pero que también valora al resto, porque si no, sería un psicópata o como el abuelo de Magdalena, que escupe su agresión de una manera absoluta.

Ella también siente culpa por dejar de querer a su antigua pareja e incluso prefiere que la abandonen; sin embargo, Simona evita el sufrimiento y prefiere ser la que deja. ¿Qué representan estas dos opciones?

A nadie le gusta que lo dejen de amar, pero en esa conversación, las prioridades están puestas en lugares diferentes. Si bien Magdalena ha terminado con su pareja porque se ha enamorado de Simona, la carga del castigo y la culpa son tan enormes que no puede seguir con la relación.

Ella pone la prioridad en el otro y Simona la tiene en sí misma; si dejó de amar, no va a invertir su vida por otro, le parece monstruoso. ¿Por qué me quedaría con alguien que me quiere si yo no la quiero? Pero para Magdalena podría ser pensable.

Simona le pregunta: ¿en qué momento el otro es tan importante que tú ya no existes?

Ilustración de una mujer con su mano derecha cubriendo su rostro. Está rodeada por nubes.

Ilustración de una mujer con su mano derecha cubriendo su rostro. Está rodeada por nubes.

Fuente de la imagen,Getty Images


Pie de foto,
"Quería batallar con la culpa, desmantelarla, casi desnudarla, entender cómo se gesta y cómo opera", dice Olga Montero Rose. 

Simona aparece como una mujer libre de culpa, que es capaz de hacerse cargo de su lado oscuro. "Si hago daño, lo elijo", ¿a qué se refiere?

Tiene que ver con la concepción de lo humano: Eros y Tánatos. Tenemos la capacidad de amar, no solamente de vincularnos, sino también de crear, de construir, de empatizar y tenemos la capacidad de hacer daño, de destruir, de involucionar inclusive.

El humano freudiano es un humano en conflicto y es importante saberlo. Mucha gente no se da cuenta de su lado oscuro y lo ejerce como autómata. Simona dice: yo puedo herir y lo puedo elegir.

Otros buscan coartadas: es que tú me dijiste, es que tú me enfureciste, es que mi mamá no me sostuvo lo suficiente.

Tenemos una historia, pero debemos hacernos cargo, ¿o vamos a vivir echándole la culpa a todos? Sería terrible porque no tendríamos ninguna agencia. Pero hay personas que se encargan permanentemente de encontrar afuera la propia falencia.

Portada de la novela "Culpa". Tiene un barquito de papel flotando sobre un curso de agua cristalina.

Portada de la novela "Culpa". Tiene un barquito de papel flotando sobre un curso de agua cristalina.

Fuente de la imagen,Editorial Planeta

Pie de foto,

En la novela "Culpa", Simona, que es terapeuta, se enamora de Magdalena.

Simona dice: "Me paso la vida imaginando el mundo que quiero. Magdalena se la pasa intentando callar los reproches de su cabeza. Donde yo tengo un Pepe Grillo, Magdalena tiene un torturador". ¿Qué diferencia hay entre ambos?

Es la constitución psíquica de lo que llamaríamos conciencia moral, y hay algunas que terminan no siendo éticas, sino torturadoras, donde todo es una descalificación.

Pero puede haber una conciencia moral de un Pepe Grillo más amable que te confronta. ¿Qué te crees, que todo el mundo te está mirando? ¡Anda ya, bájale! Y cuando estás triste, te dice: nos vamos a quedar un rato descansando; y si se le está pasando la mano, podemos decirle: ¡para!

El maltrato está naturalizado, lo escucho en el consultorio: "Mi marido llegó y me hizo un escándalo, pero es que es el fin de mes y tiene que cumplir su cuota de ventas". Como si fuera natural que despotrique como parte de un entendimiento. ¿Y eso qué tiene que ver?

No podemos minimizar lo que el otro siente porque uno tiene los grandes problemas. Hay pacientes que me preguntan: ¿está bien lo que siento? ¿cómo puede estar bien o mal? Lo que uno siente es lo que uno siente.

Entonces es una conciencia moral, un superyó, lo llamaría Freud, que le hace saber a uno que no es tan perfecto, que tiene sus lados oscuros, pero que también es cálido, no tan exigente, con una capacidad crítica. Es un buen vínculo y una imagen más bondadosa.

Ilustración de tres cabezas humanas con tormentos en su cerebro.

Ilustración de tres cabezas humanas con tormentos en su cerebro.

Fuente de la imagen,Getty Images

Pie de foto,

"Lo fundamental es conocernos y nos toma la vida, porque hay tantas cosas inconscientes que tenemos que estar alertas", advierte Montero Rose.

¿Y qué se hace cuando se siente culpa porque somos culpables?

Al inicio de la novela se trata de algo negativo de lo que tenemos que liberarnos, pero se complejiza, pues también tiene un lugar de responsabilidad en aquello que hacemos.

La culpa como alerta es importante, no solamente tiene un lado torturador, la culpa es una llamada de atención de nuestras propias agresiones, para prevenir, porque es muy fácil el maltrato.

Es tener conciencia de que somos capaces de hacer daño y que vamos a tener una responsabilidad, no solo con las personas a las que queremos agredir, sino especialmente con las más cercanas, con nuestra familia, con nuestros hijos, que son los más susceptibles de nuestra agresión.

De repente el niño viene con algo, o tu pareja, o tu madre y gana la no disposición, y la mala respuesta trae otra mala respuesta y otra mala respuesta y terminamos tratándonos horrible. ¿En qué momento pasó esto? No es que haya ocurrido una hecatombe, una herida espantosa, una traición horrorosa, no, solamente nos empezamos a tratar mal.

Si uno se equivoca, la reparación es fundamental, no es solamente pedir perdón y traer un ramo de flores, es que no lo vuelvo a hacer, hay un trabajo ahí. Y si hay un problema psíquico me hago cargo, me trato o busco ayuda.

Lo fundamental es conocernos y nos toma la vida, porque hay tantas cosas inconscientes que tenemos que estar alertas.

Olga Montero Rose mirando a cámara con sus brazos posándose sobre el respaldo de una silla blanca.

Olga Montero Rose mirando a cámara con sus brazos posándose sobre el respaldo de una silla blanca.

Fuente de la imagen,Magalí Bolívar

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"La culpa como alerta es importante, no solamente tiene un lado torturador, es una llamada de atención de nuestras propias agresiones", afirma la psicoanalista peruana.

¿Cómo se inicia ese proceso?

Es una pregunta indispensable porque los padres generamos ese conocimiento en los chicos cuando nos ocupamos de conocerlos. ¿Qué estás sintiendo?

Recuerdo que mi hijo tendría un par de años y estaba viendo una mona que cargaba a su bebito mono y lo estaba amamantando. Cuando volteo, está llorando y me dice: "Estoy triste". Yo le digo: "¿No estarás conmovido?" Conmovido es una palabra más compleja que triste, pero es empezar a hablar de los afectos, ponerles nombre y distinguirlos.

Hay un mundo interno que no conocemos y cuando los padres tienen un acercamiento de interés por los chicos, les hacen saber que hay una zona no tan a la mano, pero que es conocible, lo que gesta la posibilidad de saber que hay partes por descubrir.

Es una cuestión de atención. Freud decía que hay que hacer consciente lo inconsciente y cómo diferentes circunstancias de la vida te generan cosas que nunca has sentido.

El envejecimiento, por ejemplo, genera finitud, el futuro ya no es infinito, tienes que acotarlo, hay cosas que ya no van a pasar; es otro momento de la vida que te vuelve a ti, a mirar en qué estás. ¿Qué no te gusta? ¿Qué te indigna? ¿Cómo cambiamos?

Lo que plantea Simona es una máxima filosófica de hace siglos y todavía lo estamos intentando. Toma la vida conocerse.

Ilustración de tres rostros de una misma mujer superpuestos con diferentes caras reflexivas.

Ilustración de tres rostros de una misma mujer superpuestos con diferentes caras reflexivas.

Fuente de la imagen,Getty Images


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Freud decía que hay que hacer consciente lo inconsciente.

¿Y cuál es el camino de liberación de las culpas para Magdalena?
En ella la culpa está amarrada a una falta de valor y hay un amor propio herido, tal vez no sabe lo que quiere porque no está diseñada para desear, como si eso no fuera para ella, por lo que el camino tendría que ser la vuelta al propio deseo y a sentir que uno tiene derecho a desear más allá de los demás.

Con el tiempo se encuentran los recursos, en su caso es actriz, tiene capacidad de amor, sentido del humor.

Nos asimos de lo bueno, de lo que nos apasiona, hacemos un rescate interno de los propios valores, ponemos en paridad lo que uno quiere y recuperamos que no solo somos el lado oscuro, sino que tenemos lados iluminados.

Así como aquel que tiene autoestima ha de ver sus lados oscuros, aquel que solo ve su oscuridad tiene que ver su lado de luz y sus dones, y sobre todo, rescatar el derecho a desear, a ser, a que uno es más importante que el otro.

Siempre pongo el ejemplo del avión: primero ponte la máscara y después vas a poder ayudar.

https://www.bbc.com/mundo/articles/cy7evn1mk0zo